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Autour de Nour

Nour est une pièce politique, qui met en scène sans pathos ni naïveté, l’itinéraire d’une jeune femme française d’origine algéro-marocaine. La profusion des disciplines, des matériaux et des mots vire parfois à la confusion mais constitue aussi la richesse d’une proposition émouvante et documentée, sur le trouble contemporain des identités.

Jusqu’au 7 décembre aux Subsistances

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"La Barbe bleue" de Jean-Michel Rabeux © Netty Ravanyi

Une barbe ébouriffante

Jean-Michel Rabeux propose une superbe adaptation de La Barbe Bleue, où la magie du spectacle et le comique des situations n’empêchent pas la peur et l’interrogation. Il détourne subtilement les thèmes du conte original pour en faire une histoire d’aujourd’hui, puissante et décalée.

Jusqu’au samedi 3 décembre à 20h (sauf mercredi 30 novembre à 15h) au Théâtre de la Croix-Rousse

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"Buchettino" © SRS

Allez les enfants, au lit !

Pour sa première édition, le festival lyonnais Micro Mondes, dédié aux arts immersifs, invite aux Célestins la Societas Raffaelo Sanzio. On en a beaucoup entendu parler récemment, puisqu’il s’agit de la compagnie de Romeo Castellucci, dont la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu a excité quelques intégristes catholiques au Théâtre de la Ville. Le metteur en scène italien signe ici le décor d’un spectacle tout public, à partir de huit ans, mis en scène par Chiara Guidi. Le travail de la compagnie s’est toujours inspiré des grands mythes et grands textes qui traversent nos cultures européennes et en façonne l’imaginaire. Mais aucune grenade n’est ici lancée contre le visage du Christ.

Vendredi 25 novembre à 18h et 20h30, samedi 26 novembre à 15h et 20h30
Aux Célestins, Théâtre de Lyon, dans le cadre du festival Micro Mondes

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"Tales of the Bodiless" d'Eszter Salamon

La disparition

Il n’est pas tout à fait nécessaire d’être drogué pour assister à Tales of the Bodiless (« contes des sans-corps ») d’Eszter Salamon. Mieux vaut cependant être prêt à lâcher prise, à accepter la perplexité, pour recevoir cet opéra métaphysique en quatre actes, sans corps et sans décors, pendant lequel le vide et le plein, les avènements et les disparitions se livrent un duel sans fin. Quelques impressions en trois temps…

Aux Subsistances jusqu’au 19 novembre – www.les-subs.com
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"Les Sisyphe", performance de rassemblement de Julie Nioche / Photo : Gilles Aguilar

Premiers échauffements au CCNR

Du 8 au 17 novembre, le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, désormais dirigé par Yuval Pick, a convié le public pour ses premiers rendez-vous : trois représentations de Score, dernière création du nouveau maître des lieux, plusieurs ateliers de pratique amateur et surtout « Open day », qui a réuni artistes, jeunes danseurs, spectateurs de Rillieux et d’ailleurs pour une très belle journée d’ouverture. Retour sur un samedi après-midi qui laisse présager le meilleur pour la suite.

http://www.ccnr.fr/

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"Je suis venue" de Gaspard Delanoë et Yalda Younes © Victor Ede

Wallons z’enfants

Au premier rang, une spectatrice à sa voisine : « Nous avons fait 150 km pour venir, je suis prof d’espagnol, j’adore le flamenco ». Mise à part un raisonnement curieux et lapidaire (je suis prof de SVT, j’adore le sexe et les volcans ; je suis prof d’anglais, j’adore le cheesecake), on s’étonne avant même que le spectacle commence de l’erreur d’aiguillage. Certes, le magnifique danseur Israel Galvan (pour le plaisir des yeux, un extrait de El final de este estado de cosas, redux) a écrit la partition chorégraphique interprétée par Yalda Younes, mais la présentation du spectacle donnait quand même quelques indices sur le ton de Je suis venue.

Jusqu’au 11 novembre à la Maison de la Danse – www.maisondeladanse.com

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"Choeur de femmes" © Antonio Ernesto Galdamez Munoz & Witold Meysztowicz

Nous, les étrangers : retour sur le festival Sens Interdits

Pendant une semaine, le festival Sens Interdits, organisé par Les Célestins, ne nous a pas seulement fait voyager. Il nous a permis de devenir nous-mêmes des étrangers, humbles devant des expériences d’ailleurs. Expériences au sens de choses vécues et racontées, souvent bien éloignées des drames bourgeois ou du répertoire auxquels nous sommes encore habitués. Mais aussi expériences formelles, manières différentes d’habiter le plateau, d’incarner ou de s’adresser au public. Il a parfois fallu oublier en soi le spectateur français – ou disons européen – coincé dans son regard par l’histoire et l’actualité du théâtre d’ici. L’étonnement joyeux de la rencontre a souvent vaincu le cynisme (version dégradée, fatiguée de l’esprit critique) et une excitation toute juvénile nous a gagnée face aux langues étrangères, aux accents, à tant de témoignages inédits. La stupeur nous a aussi plusieurs fois envahie devant des récits cruels et douloureux. Le théâtre est un lieu de la mémoire en action, où elle se constitue en même temps qu’elle se transmet. Au Chili, en Pologne, en Russie, en Tunisie, aux Pays-Bas ou au Mali, des équipes artistiques transforment des réalités sociales, politiques et intimes en récits partageables. L’avantage au théâtre, c’est que plus on le partage, plus il est entier.

www.sensinterdits.org

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